
Union Départementale des Sapeurs Pompiers du Lot-et-Garonne
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Rapporteur de la commission: Sergent/chef DUCOUSSO Danièle
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Unique en France, cette commission est animée par Danièle Ducousso,
seule mais fière de représenter les sapeurs pompiers féminins. |
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Un peu d'histoire....
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Depuis que les services d'incendie ont été organisés
par le pouvoir municipal, on relève que les femmes de plusieurs villes
étaient obligées de participer à la lutte contre le feu en formant la
chaîne des sceaux, sous peine d'amende et même de prison. A Besançon, une
ordonnance du 9 juillet 1524 fait obligation aux chambrières (1),
la cloche étant sonnée, de porter chacune une soille (2) au feu.
Les prostituées étaient aussi réquisitionnées peut-être parce qu'elles
stationnaient sur place; ou encore pour imposer une corvée pénible à ces
personnes peu considérées, mais surtout pour les punir. A Amiens, un
arrêté du maire et des échevins (3) du 8 décembre 1472 dispose que
soit incontinent (4) et sans délay (5), à toute diligence (6),
pour rescourir (7) ledit feu et y fassent porter leurs tines (8)
et aussi que toutes les femmes de joye (9) portent les seaulx (10)
pleins d'eau y celluy feu (11).
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Sophie Legrand - Cis Le Passage d'Agen - Adjudant SPP |
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(1) Chambière: Prostituée (2) Soille: à l'époque, un seau de toile (3) Echevin: assesseur du Comte (4) Incontinent: sans condition (5) Délay: délai (6) Diligence: à grande vitesse (7) Rescourir: arrêter (8) Tine: cuve, tonneau (9) Joye: joie (10) Seaulx: seaux (11) Y celluy feu: sur ce feu |
Par ailleurs, sur les lieux du sinistre, et en cas de nécessité, et au moins jusqu'au milieu du XIXème siècle, les magistrats pouvaient réquisitionner les femmes autant que les hommes pour faire la chaîne. |
| Avant mai 1968, le comportement social étant resté longtemps sous l'influence de l'Eglise Catholique, on acceptait mal que les femmes puissent exercer certaines activités réservées aux hommes, et ceci par tradition culturelle. Il a fallu la guerre de 1914-1918 et l'enrôlement d'un pourcentage infime comme infirmières, ouvrières d'usine, présentes dans les grandes villes privées de main d'oeuvre masculine, pour que les mentalités se forgent timidement. Il faut aussi noter l'apparition de machines se substituant à la résistance physique. |
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Premières volontaires... Le préambule de la constitution de 1946 stipulait que la loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux des hommes, mais cela demeura au stade des beaux écrits, d'autant plus que le mot droit prête à interprétation. Dans les années 1960-1965, il n'était pas rare que dans les corps ruraux, les épouses des sapeurs-pompiers aident leur mari (liaison en voiture ou à vélo pour transmettre les messages, transporter du petit matériel, gestion administrative ). Ceci est entériné par une circulaire de 1976 qui précise: des filles et des épouses de sapeurs-pompiers participent déjà au relevage et au transport de blessés de la route et interviennent parfois pour assurer le premier départ de véhicule de lutte contre l'incendie.
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| Elles réclament donc leur incorporation, ce à quoi il leur est répondu que ce n'est pas possible par l'absence de texte légal. En 1973, à Barentin ( Seine-Maritime), Françoise Mabille demande son incorporation au corps des sapeurs-pompiers volontaires. Le maire donne son accord, en dehors de tout statut et transmet la demande au Ministre de l'Intérieur. La Fédération Nationale des Sapeurs Pompiers de France souhaite la définition d'une doctrine officielle. En 1974, le gouvernement accepte l'emploie des SPV, mais s'agissant de professionnelles, il faudra modifier le décret du 7 mars 1953 qui régit les sapeurs-pompiers. |
![]() Capitaine Médecin Brigitte PULICANI. du Cis MEZIN |
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La réglementation. A vrai dire, le terrain avait été préparé par les lois de portée générale concernant d'abord les femmes employées dans la fonction publique, celle du 10 juillet 1975 modifiant l'article 7 du statut général des fonctionnaires, permettant l'accès des femmes aux emplois des collectivités locales. Elle sera renforcée par l'article 6 de la loi du 13 juillet 1983, précisant qu'aucune distinction ne peut être entre les fonctionnaires en raison en particulier de leur sexe. S'agissant des sapeurs-pompiers, après deux ans de réflexions, ou d'hésitations,paraît le décret n°76-1007 du 25 octobre 1976, qui rend possible le recrutement des femmes en ajoutant à l'article 9 du décret du 7 mars 1953 un alinéa 1er: "les corps de sapeurs-pompiers communaux peuvent être composés de personnels tant masculins que féminins". Une circulaire du 15 novembre 1976 ( n°76-524) apporte des précisions et confie d'emblée aux femmes( au contraire de nombreux autres pays où il y a déjà des pompiers féminins depuis parfois longtemps ) toutes les missions. C'est à dire, ne pas être confinées de façon exclusive et permanente à des tâches administratives , mais exercer l'ensemble des fonctions relevant statutairement de tout sapeur-pompier. Ceci n'exclut pas la possibilité pour un chef de centre de tenir compte de l'état de chacune, comme dans tout le service public, en particulier si la femme sapeur-pompier est enceinte et pas encore en congés maternité.
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Alors, comment vont-elles s'appeler ? "
sapeuse-pompière, cheffe d'équipe" comme en Suisse ? Suite à une question écrite d'un député de Loire-Atlantique ( n°8675 du 25-01-1982 ), le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur répond que l'accès des femmes à la profession de sapeur-pompier n'entraîne pas une féminisation de l'appellation, ni de celle du grade, en référence à la solution adoptée pour les femmes militaires. |
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Des femmes sapeur-pompier.... Le décret n° 76-1007 du 25 octobre 1976 rend possible le recrutement de femmes SPP en ajoutant à l'article 9 du décret du 7 mars 1953 un alinéa 1er: "Les corps de sapeurs-pompiers communaux peuvent être composés de personnels tant masculins que féminins". Le 1er septembre 1977, le corps départemental de la Seine-et-Marne recrute la 1ère femme SPP. Depuis, les chiffres ont évolué. 1ère femme officier en 1978, Sylvie Roch, en 1980, 60 SPP, 159 SPV. En 1990, 1ère femme chef de corps: Marie-Ange Parère. En 1991, l'effectif féminin compte 25 officiers SPP, 326 SPV ( dont 312 médecins ), 6 sous-officiers SPP et 90 SPV, 88 sapeurs et caporaux SPP et 3102 SPV. |
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Des problèmes ? La présence de sapeurs-pompiers féminins ne manquent pas de poser quelques problèmes. Des réticences se manifestent, l'Administration centrale constate que les candidates admises au concours, principalement d'officier, ne sont pas recrutées, semblant être écartées un peu arbitrairement ( circulaire de la DDSC n° 2412 ). Doit-il y avoir un quota ? La question se pose et ne peut pas être résolue. D'autres stratagèmes paraissent avoir été mis en place par certains qui, s'appuyant sur le fait que le personnel féminin ne doit pas être utilisé que pour les tâches administratives, l'écarte des tâches de prévention!
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| Photo à venir.. | Au début, bien des maires, bien des chefs de centre, bien des sapeurs-pompiers ne voyaient pas d'un bon oeil l'arrivée des femmes dans la caserne, surtout des professionnelles. Comme cela a toujours existé dans notre culture judéo-chrétienne, la lutte contre le feu, porteuse de symboles et de valeurs psycho sexuelles, devrait être réservée aux hommes, protecteurs virils du groupe. Que les femmes soient employées comme standardistes, bureaucrates, voire conductrices d'ambulances et secouristes, passe encore, mais qu'elles aillent au feu, procèdent à des sauvetages ( avec l'échelle à crochets... mais est-ce si fréquent ; et descendre une personne de 80 kg sur son dos du haut de l'EPA, combien de fois cela est fait dans une carrière ? ) |
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Il faut admettre que la vie en communauté dans des
locaux parfois vétustes ou inadaptés n'est pas toujours simple et les
aménagements coûtent cher. Comme en France, 50 à 60% de l'activité des
sapeurs-pompiers concernent le secours à personne, on peut considérer
trois catégories de sapeurs-pompiers féminins nettement différenciés: les
médecins et pharmaciennes qui sont incorporées au grade de capitaine.
Elles bénéficient d'avantages incontestables en échappant à la
promiscuité, aux railleries, du fait de leur spécialité et de leur galon
qui imposent respect et considération. On peut y assimiler les officiers
professionnels. Les sapeurs et sous-officiers professionnels vivent en
caserne, même si la situation a évidemment évoluée en vingt ans, ce n'est
pas toujours "relax, ni cool" d'arriver à 20 ou 22 ans, seule au milieu
d'un groupe déjà structuré de trente ou quarante hommes. Source: Le sapeur-pompier.fr par Joan Deville du comité d'histoire ( octobre 1996 ). Texte de Sophie Legrand. |
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