
Union Départementale des Sapeurs Pompiers du Lot-et-Garonne
Les Tests de Condition Physique
L'arrêté sur la condition physique et la batterie de tests envisagée sont
toujours en expérimentation... pour encore une longue période. En effet, de
nombreux points méritent d'être clarifiés.
Certains affirment que les tests physiques sont obligatoires, d'autres, le
contraire.
Chacun y va de son interprétation des textes. Qui a raison ?
La vérité:
L'arrêté initial du 6 mai 2000 relatif à l'aptitude
médicale précisait dans son article 11 : "
L'entraînement physique et les tests permettant d'en surveiller la
progression sont définis par arrêté du ministre de l'intérieur. Les résultats de
ces tests sont consignés par l'éducateur physique sapeur-pompier responsable,
sur un carnet de surveillance personnalisé. Ce carnet détenu par le
sapeur-pompier titulaire doit être présenté au médecin chargé de l'examen
médical d'aptitude. Les résultats permettent de définir l'aptitude et les
conditions d'entraînement physique nécessaires pour faire face aux contraintes
professionnelles."
Cet arrêté était complété par un document de travail
( projet de circulaire ) définissant les tests physiques ( killy, pompes ou tractions, gainage,
souplesse, vameval ou Luc Léger).
Suite à des incompréhensions, inquiétudes ou contestations venant "du terrain", la Fédération a obtenu que l'aptitude médicale soit totalement dissociée de l'aptitude physique. Ce qui a été pris en compte dans le nouvel arrêté sur l'aptitude médicale. L'article 11, entre autres, a été considérablement modifié par arrêté du 28 décembre 2005 de la manière suivante: "
Article 11:
Modifié par Arrêté 2005-12-20 art. 8 JORF 28 décembre 2005
Le médecin de sapeur-pompier doit être informé du suivi de l'entraînement et de la préparation physique du sapeur-pompier.
Ces informations peuvent permettre au médecin de dépister une affection en cours, d'informer et de conseiller le sapeur-pompier sur les questions relatives à son hygiène de vie, de formuler des propositions pour ménager l'agent et adapter son emploi si nécessaire. Elles constituent pour le médecin un indicateur de santé, un outil de médecine préventive sans interférer avec les décisions d'aptitude médicale qui relèvent d'autres critères.
Dans ce nouvel article 11 modifié, nous pouvons nous apercevoir qu'il n'est plus question de tests physiques. Certes, il existe bien un "entraînement et une préparation physique du sapeur pompier" mais on ne dit pas lequel, ni laquelle. Comment est organisée la préparation physique du sapeur pompier ? Est-ce une démarche collective, individuelle ? Sur quels critères ? Autant de questions sans réponses !
On peut donc constater que les tests physiques, sur le plan juridique, n'existent pas et n'ont jamais existé. Le document de travail ( projet de circulaire ) relatif à "l'ex- arrêté du 6 mai 2000" ne peut être mis en application pour la bonne raison qu'il n'a jamais été publié au Journal Officiel.
En l'absence de texte définissant la forme et le contenu des tests physiques, la plupart des SDIS organise des épreuves physiques qui lui semblent être adaptées et les ont même rendues...obligatoires. Si des tests physiques, quels qu'ils soient, semblent être utiles aux médecins pour définir l'aptitude médicale, il n'en reste pas moins que, quoi que certains en disent, ces tests, aussi divers et variés, n'ont bien aucune existence légale.
Bien évidemment, les sapeurs pompiers doivent se maintenir en bonne condition physique, ce qui fait partie de leurs valeurs. La condition physique est un élément indispensable pour pouvoir remplir les missions avec plus de sécurité, à la fois pour le sapeur pompier et pour les personnes qu'il est amené à secourir. Mais, il faudrait, enfin, que tous se mettent d'accord une fois pour toute.
Tests ou pas tests, que fait-on ?
A-t-on le droit de faire n'importe quoi , d'un département à l'autre ?
Ces tests sont-ils vraiment adaptés aux sapeurs pompiers ?
L'absence de texte juridique précis ne risque-t-elle pas d'engendrer des abus de pouvoir, particulièrement pour les recrutements ou les réengagements ?
La preuve par les textes:
L'arrêté du 6 mai 2000 avant modification.
L'annexe ( document de travail )
L'arrêté du 28 décembre 2005 modifiant l'arrêté du 6 mai 2000.
L'arrêté du 6 mai 2000 modifié en 2006 ( aptitude médicale )